La pertinence de l’assurance paramétrique pour les activités sensibles à la météo

La pertinence de l’assurance paramétrique pour les activités sensibles à la météo
    • Récentes ou implantées et développées depuis longtemps en France,

certaines activités économiques sont particulièrement touchées

    lorsque la météo n’est pas favorable.
    L’agriculture nous vient spontanément à l’esprit, mais nous verrons que bien d’autres activités peuvent être concernées : agro-alimentaire, construction, distribution, énergie, tourisme, transports…
    • Ainsi, nous sommes face à ces évènements météorologiques aléatoires et épisodiques, qui ont un impact sur certaines activités économiques et dont la

fréquence et l’intensité vont probablement croître à l’avenir à cause du dérèglement climatique

    .
    Mais cette « mauvaise fortune » météorologique qui impacte économiquement certaines activités présente toutes les caractéristiques du « risque » en droit des assurances : un évènement aléatoire générateur d’un dommage couvert par la garantie.
    • Il est donc possible pour les entreprises et les professionnels d’avoir recours au

contrat d’assurance pour atténuer les pertes subies

    lors de ces épisodes. Il s’agit de l’assurance dite « paramétrique », « indicielle » ou « indexée ».

 

Une assurance méconnue mais efficace

    • Les premiers contrats d’assurance indicielle voient le jour dans les années 1990 en Afrique, dans le

secteur agricole

    , pour protéger et sécuriser des projets pilotes dans les pays en voie de développement.
    • Dans leurs mécanismes, il faut noter une

différence

    entre l’assurance indicielle et l’assurance agricole traditionnelle.
Assurance agricole traditionnelle

 

    • L’assurance agricole traditionnelle définit son

tarif en fonction de la probabilité de sinistre

    , sur la base du rendement de l’année précédente.
    Par ailleurs, elle requiert l’intervention d’un expert, très souvent coûteuse, pour l’évaluation des dommages. Cela rend le processus d’indemnisation très laborieux lorsqu’un grand nombre d’acteurs est touché : par exemple dans le cas d’une sécheresse prolongée.
Assurance indicielle

 

    L’assurance indicielle utilise toute une gamme d’indices météorologiques, récoltés auprès des stations météos ou bien grâce aux images satellites lorsque les stations ne sont pas utilisables (faible densité, aucune donnée historique) : pluviométrie, indices de sécheresse, indices de végétation, indices de hauteur des vagues, etc…
    • La phase de souscription du contrat d’assurance indicielle permet de déterminer contractuellement, pour chaque indice, les

seuils en-dessous et/ou au-dessus desquels

    • le manque à gagner, subi par les producteurs sur leur rendement,

déclenche l’indemnisation

    .
    • L’intervention d’un expert n’est donc pas nécessaire : le

montant de l’indemnisation versée à l’assuré est fixé à l’avance en fonction du niveau de l’indice fixé au contrat

    .
    Ainsi, le processus d’indemnisation est accéléré et les tarifs sont inférieurs par rapport à l’assurance agricole traditionnelle.

 

Principaux atouts et inconvénients de l’assurance indicielle

Principal atout :

 

    L’abondance de données satellitaires couplée à l’essor des expertises en analyse de données permettent :
  • Une analyse beaucoup plus fine du risque
  • Un ajustement des primes au plus près de ces risques et des procédures d’indemnisation plus faciles
  • L’absence de sélection entre producteurs d’une même zone géographique assurée, que ce soit en termes de prime ou d’indemnisation
Principaux inconvénients

 

  • Mise en place complexe et coûteuse lors de la première souscription : la difficulté réside dans l’identification des indices les plus pertinents pour démontrer les manques à gagner engendrés par les producteurs
  • La disponibilité et la fiabilité des données météorologiques et satellitaires sont en nette amélioration mais peuvent encore manquer

 

Une solution ayant dépassé l’agriculture

    • Si l’assurance indicielle a initialement été mise ne place pour le secteur agricole, elle a aujourd’hui « essaimé » et permet des

solutions pour d’autres secteurs

    :
  • Agro-alimentaire : baisse des ventes de boissons fraîches lorsque l’été est plus frais que la normale
  • Loisirs : baisse de fréquentation dans les parcs
  • Habillement : vente de vêtements saisonniers (manteaux, maillots…) en chute si météo atypique
  • Energies renouvelables : production d’énergie en baisse – manque d’ensoleillement (solaire) ou de vent (éolien)
  • Gaz et électricité : baisse de la demande d’énergie lors d’un hiver doux
  • Transport aérien : surcoûts de dégivrage des avions en cas de températures basses prolongées.

 

 

 

Arnaud MALISZEWSKI

Directeur de département
Risques d’entreprises
amaliszewski@theoreme.fr